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Homicide T4, sans fleurs ni couronnes

Comme quoi il faut parfois attendre avant d’avoir la petite étincelle, celle qui va vous permettre de mieux comprendre pourquoi Homicide a une force évocatrice aussi forte, aussi naturelle. Qui a lu les polars d’Ed McBain, ses chroniques du commissariat du 87e district ? N’hésitez pas, ce sont de vrais chefs-d’œuvre avec des héros, Carella, Meyer Meyer, Kling, pétris d’humanité et d’authenticité. Avec Homicide, et en particulier ce tome 4, on est dans la même veine mais en plus hard. Des flics et des affaires dans lesquelles ils s’impliquent, mettent leur destin de flic en jeu. Rien de spectaculaire, la routine, l’enquête, mais aussi la politique, l’avancement, c’est ce que montre David Simon et son adaptation par Philippe Squarzoni. Du solide, sans fleurs ni couronnes.

Un gamin qui s’imagine qu’il va rentrer chez lui après un interrogatoire si il dit la vérité, un cadavre, un coup de téléphone auquel répond l’inspecteur James, et l’affaire est presque dans le sac. Du travail de fourmi et bingo. Les flics arrivent après les meurtres. L’inspecteur Pelligrini relit tous les dossiers de l’affaire Latonya Wallace, une fillette assassinée. Il y laisse sa santé. Où est la preuve qu’il faut ? Sur son bureau peut-être mais il faut la trouver. Ou pas. Plus d’affaires sont résolues, plus le prix à payer est costaud. C’est ce que disent les flics du commissariat de Baltimore. La hiérarchie veut des résultats. Si le salaire atteint 50% d’heures supplémentaires on est retiré de la circulation. Des coupables d’abord.

La vie au quotidien, les horaires, les tours de garde, les autopsies, les rapports plus moins bons entre flics, du besogneux loin du héros à la Clint Eastwood, Smith, Wesson and me. Il y a la vraie vie de policier dans Homicide, du cousu main sur des images sobres, pleines. Beaucoup plus amer et désespéré que McBain où l’amitié joue un rôle. Une immersion en eaux profondes, noires et glauques. Un documentaire implacable.

Homicide, Une année dans les rues de Baltimore, Tome 4, 2 avril – 22 juillet 1988, Delcourt, 17,95 €

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