Il y a des sujets, des thèmes pas faciles à aborder car il nous touchent au plus profond de nous. Et pourtant nul est à l’abri prématurément de perdre un être cher. Pourquoi alors ne pas en parler ? C’est ce qu’ont fait Marc-Antoine Deroubaix et le professeur Cyril Tarquinio au scénario, Régis Hector au dessin de Vivre !. Une BD ni voyeuriste, ni coup de poing une histoire simple et finalement banale mais vraie qui raconte comment Julie, ses enfants vont perdre très vite Mathieu. Comment l’absence va-t-elle être ressentie ? Comment ne pas vivre en permanence dans la peine, le souvenir insupportable ? On n’a pas tous la même approche de la mort surtout quand on perd un être cher, jeune et qui aurait dû avoir de nombreuses années à vivre. Sentiment d’injustice, de culpabilité, tout y passe avant de rebondir et de retrouver sans oublier l’absent le goût de la vie.
Julie a 41 ans, mère de deux enfants, prof d’histoire. Matthieu son époux est mort d’un cancer il y a deux ans. Un choc mais il a fallu relever la tête. Elle veut partager ce qu’elle a vécu mais comment aussi elle a retrouvé la joie de vivre. C’est son expérience qu’elle livre, sans penser détenir la vérité. Un matin à Metz, Mathieu lit une lettre, ne dit rien, accompagne ses enfants à l’école. Puis donne ses cours car il est prof comme sa femme. Il semble paumé ce qui n’échappe pas à sa femme. Il appelle l »hôpital de Mets qui lui confirme ce qu’il a lu dans son courrier. Il a un cancer du pancréas en phase terminale. Il l’avoue à sa femme qui se doutait que quelque chose clochait. Chimio palliative car son cancer n’est pas opérable. Sa femme panique, comment va-t-elle faire si il meurt. Les traitements s’enchainent, des hauts, des bas, Matthieu lui aussi sait qu’il ne verra pas ses enfants grandir, ressent la pitié qu’il génère. Puis la mort l’emporte. Commence alors le deuil, sa gestion, Julie qui doit tout gérer, sa tristesse et celle de ses enfants, reprendre son travail.
L’aide d’un psychologue, les oublis, les tensions familiales, les enfants qui réagissent plus ou moins bien à leur peine, les reproches, Julie encaisse et va réagir, tenter de soigner sa blessure. Tous les sentiments par lesquels passe Julie sont clairement décrits, sans emphase, simplement. La thérapie va commencer à marcher. On se dit que ce n’est pas simple mais que des solutions existent sans pour autant oublier l’être cher. La force de Vivre ! est son authenticité, celle du récit et du trait d’Hector (Ma guerre (illustrée) d’Ukraine). Le professeur Cyril Tarquinio connait bien le sujet et en fin de l’album il propose un cahier. Sa définition est juste, survivre à l’absence, renaître au temps. Un album touchant et utile.
Vivre!, 128 pages, DunodGraphic, 21,90 €
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