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Une Mémoire de roi, réapprendre en s’amusant à faire travailler ses neurones

Pas évident de traiter de l’une de nos plus flagrantes faiblesses, notre mémoire défaillante. Une fois le constat fait, comment remédier à ces lacunes souvent dues à notre fainéantise intellectuelle ? Avec un bel humour, intelligence, charme et poésie, Mathieu Burniat et Sébastien Martinez se sont penchés sur le sujet. De Burniat, on avait adoré La Passion de Dodin-Bouffant. En signant une BD, Une Mémoire de roi, ils ouvrent des pistes pour mieux apprivoiser nos neurones, les maintenir éveiller et évidemment les assister de plus près. Le but est simple. On n’a pas une mauvaise mémoire. On a finalement celle qu’on mérite, celle qu’on a travaillée. Rien n’est perdu avec quelques trucs (et oui), les deux auteurs le prouvent, tout en sachant quand même qu’il y aura un effort à fournir, largement récompensé.

C’est avec un gentil petit roi, le roi de Léthésie, que tout commence. Il est invité à un grand congrès à Monaco mais tout à fait décérébré, ignare, il place la charmante principauté en Afrique. Et à Monaco, il y a une mignonne princesse, Angéline. Monaco rime toujours avec princesse. Ses conseillers lui proposent un professeur en mémorisation, Simonide, un gai luron qui a un petit bouddha sur le sommet du crâne. Un sage aussi Simonide qui va tenter le tout pour le tout et apprendre au petit roi à découvrir tout le potentiel de sa mémoire. Une tête pleine de matière grise qui n’en demande qu’à en découdre, c’est le diagnostic de Simonide qui emmène le monarque faire un tour dans le sienne. Associations d’idées, appel à l’enfance, exercices, souvenirs du passé, le petit roi passe en mode « je repars à zéro ». La mémoire aime créer des liens. Et l’absurde en fait partie. Plus une histoire est surprenante, plus on la retient. La mémoire est une toile animée en perpétuel mouvement.

Pas facile pour le petit roi et le lecteur qui se prête au jeu. La mémoire se refroidit vite. Au fil des pages, on se mobilise, on râle un peu, on va presque abandonner mais le talent des auteurs accroche, persuade, démontre. Les progrès sont vite sensibles (en s’y reprenant parfois). Même le ridicule est mémorable. Le scénario pourtant pas évident a été bien pensé, mis en scène, dessiné. La mémoire c’est une belle histoire, séduisante. On ne ne fait pas prier tant il y a de plaisir à suivre le monarque et son mentor. Un ouvrage drôle, enivrant, loufoque à découvrir absolument.

Une Mémoire de roi, Éditions Premier Parallèle, 20 €

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