Marché de la BD 2024, à la baisse et mitigé

Faudrait savoir. A partir de quel pourcentage à la baisse un marché doit-il commencer si ce n’est à s’inquiéter, au moins à s’interroger, voire se remettre en question ? Le rapport établi comme chaque année par le Festival international d’Angoulême qui se tient actuellement et GfK (qui font un très bon travail) pour le marché de la BD en 2024 est pour le moins mitigé. Un petit côté oui, d’accord ça baisse mais non rien de grave. Pour un peu on croirait qu’ils sont au gouvernement. Alors donc, vous disiez ? Le manga, ben oui tiens c’est pas trop cher et les 20-35 ans dont beaucoup de lectrices sont accros en particulier à cause de la rapidité de parution des suites.

Le communiqué précise qu’après deux années record en 2021 et 2022, et dans un contexte macroéconomique difficile, le marché de la bande dessinée en France marque pour la deuxième année consécutive un recul  (-9% en volume / -4% en valeur par rapport à 2023). Cependant, ce « retour à la normale » se fait dans le cadre de la nouvelle dimension prise par la bande dessinée en France : en effet, le marché en 2024 s’établit à 837 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit une progression de 50% par rapport à l’année de référence 2019. Donc tout va bien ? Et de continuer que si les mangas continuent de se tailler la part du lion (représentant plus d’une bande dessinée vendue sur deux), le top 10 des meilleures ventes en 2024 témoigne de la richesse éditoriale de l’offre sur le marché donc tout va encore mieux : création sous le signe de l’hybridation (Instinct), renouveau jeunesse (Mortelle Adèle), adaptation littéraire (La route), séries classiques (Blake & Mortimer et Lucky Luke) et roman graphique en prise sur le réel (la suite de L’Arabe du Futur) y cohabitent à côté des plus grands succès en manga (One PieceSpy x Family). Seul absent du top 10, le segment des comics enregistre pourtant une évolution à la hausse en 2024, porté à la fois par des opérations « petits prix », mais également par la croissance de son offre hors super-héros. Alors que certains des best-sellers marquent le pas, expliquant pour beaucoup la contraction du marché, les ventes dynamiques de nouvelles séries (tant en manga qu’en bande dessinée jeunesse) et l’importance croissante des one-shots (au prix plus élevé) au sein des bandes dessinées de genre laissent envisager des perspectives encourageantes pour l’avenir. Le bonheur on vous dit.

Comme on de la place on vous montre les jolis et très intéressants tableaux publiés avec l’étude. Lisez bien les titres de chaque tableau car là c’est moins joyeux. En fait c’est simple. Le prix de l’album est le nerf de la guerre et dans l’ambiance actuelle pas vraiment euphorique côté financier. 20 € pour un album voire plus (ce qui est sûrement justifié par le prix du papier, la part non négligeable des libraires, l’éditeur et heureusement les auteurs) c’est cher. Qui va aller mettre une centaine d’euros par mois pour disons 5 album, parfois 4 ?  Donc le marché finira par se stabiliser après la hausse Covid et quelques titres poids-lourd continueront à alimenter les ventes. On reste optimiste car la BD en général le mérite.

 

Votez !

Les commentaires sont fermés.