On en a, pour ceux qui ont connu jeunes l’époque, un souvenir qui mélange allumés à cheveux longs, filles aux seins nus, liberté sexuelle, guerre du Vietnam et au final un mai 1968 qui va faire exploser en vol toute une génération française. Beatniks, flower power, acide, Jack Cool 1966 est le premier d’un road movie étonnant qui met en scène des personnages authentiques et d’autres tout à fait romanesques sur fond de balade US à la Easy Rider motos en moins, un bus en plus, mais le LSD bien là. Olivier Mangin et Jack Manini souvent rencontré depuis La Guerre des amants se font un petit plaisir de mise en scène et d’écriture avec cette joyeuse bande d’allumés du bocal qui ne font de mal à personne et gardent une image joyeuse, plus ou moins bien comprise, par les adolescents de l’époque.
Il y a Jayne Mansfield qui est tout autant givrée que les autres, Ken Kesey homme à la chemise à rayures dans l’album qui a bien existé (auteur de Vol au-dessus d’un nid de coucou) et puis ce Jack Cool qu’on sent bien dans le prochain tome remettre les pendules à l’heure. Un délire mais pas autant que ça. On est dans cette recherche de liberté, de bonheur, de Going to San Francisco autour d’un feu sur la plage, California dreamin’. Utopie peut-être et souvenir nostalgique mais que Mangin et Manini ont bien restitué à tous les nivaux dans leur album.
Jack Cool, T1 1966, quelques jours avant Jésus Gris, Grand Angle, 13,90 €
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