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À la recherche du Tintin perdu, se laisser guider

Un parcours étonnant que celui de Ricardo Leite dans son À la recherche du Tintin perdu. Qui suis-je, où vais-je ? L’auteur brésilien signe une auto-autobiographie de 224 pages qui fait appel en appoint à tous les plus grands noms de la BD mondiale. Ce qui n’est pas rien. Que cherche en fait Leite traumatisé à vie de n’avoir pu rencontrer Hergé quand il était jeune ? C’est bien toute la question que pose cet imposant roman graphique qui mélange rencontres réelles ou fantasmées avec les auteurs. On parlera d’hommage à la BD certes mais aussi d’une dose non négligeable d’une certaine auto-satisfaction associée à une interrogation artistique et onirique vraie, attachante. Préface d’Olivier Roche pour ce dialogue étonnant entre maîtres du 9e art.

La BD c’est sa vie à Ricardo Leite. Rio et un homme au faciès tragique ancien dieu du stade philosophe. Leite lui affronte une vie qui part en live. Il va se remettre à la BD avec l’histoire d’un garçon d’ascenseur et va aller à Bruxelles visiter le musée Hergé. 2013, Leite revient sur ses traces et va enfin voir Hergé au figuré avec lequel jeune il a manqué un rendez-vous en 1971. Il ne s’en est jamais remis. Fou de BD enfant il hante les librairies à Rio. Astérix, il adore et puis viendront tous les autres avec lesquels il apprend à rêver. Comme le footballeur oublié à Rio qui constate que sa vie est devenue aussi un rêve. Leite s’interroge à Bruxelles. L’équilibre est dans le futur pas dans le passé. Dans un bar Pratt le rejoint flanqué de Corto. Il lui avait montré ses dessins trente ans plus tôt en 82. Et a pris une gifle. Pratt jugeait qu’il voulait être Moebius. Manara les rejoint.

On parlera aussi de déballage, de règlements de compte, de remises en question mais avec une vrai sincérité. Entre amour et désamour, Leite oscille, accumule les raisonnements, invente des dialogues, tente d’être lui-même. A ce titre son bouquin est intelligent, la réflexion intime et importante. Comment se situe un auteur parmi les autres, les siens ? Eisner, Ota pour un retour au pays, Breccia, Munoz, des enveloppes que Leite reçoit et sa vie qu’il revit, il se livre c’est vrai accompagné par Little Nemo. Hermann et tant d’autres sont de la fête, l’histoire de la BD est décortiquée. Il ne faut pas se laisser impressionner mais se laisser guider par Leite et sa passion du 9e art. A chacun ensuite de se faire une idée. Le dessin est d’une rare puissance. A la fin du livre des fiches sur les auteurs citées.

À la recherche du Tintin perdu, Éditions Sépia, 25 €

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