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La Mort rose, épidémie de circonstance

Bon, on va dire qu’il est difficile en lisant la Mort Rose de ne pas penser à ce l’humanité vient de traverser en matière de pandémie sans compter que rien ne dit qu’on en ait vraiment fini. Jaume Pallardo a mis en scène un scénario catastrophe où là aussi une épidémie dévaste le monde. Son bouquin a été écrit de 2014 à 2017, publié en Espagne jusqu’en 2019. Donc on reste bien dans une fiction comme les nombreuses portées à l’écran bien avant la Covid. Mais ce Mal Rose a un sacré effet dévastateur, bien ficelé et finalement prémonitoire car l’auteur dissèque, anticipe, prouve que ce qu’il raconte peut tout à fait arriver. Mais quoi exactement ? On a en a déjà un (gros) bout de preuve. On passera rapidement sur le côté graphique un tantinet sommaire mais bourré de bonne volonté.

La fièvre rose est détectée un peu partout. On confine, on impose la quarantaine et le port d’une combinaison étanche. Cours à la maison et élèves enfermés. Miguel est prof, suit les règles, correspond par le net et joue en virtuel avec un copain. Les infos crépitent, donnent les noms des porteurs et rappelle que la fièvre rose est mortelle, survit à l’air libre et sur les surfaces contaminées. On cherche un vaccin. On propose à Miguel un nouveau poste. Il refuse et sort, passe tous les stades de décontamination, rejoint un couple d’amis qui a réussi à refaire pousser plantes et légumes. Ce qui est illégal. Seul le gouvernement et les gens aisés y ont accès. Gaz euphorisant, recherche d’une âme soeur, Miguel fait des dessins et reçoit un contact bizarre qui lui ouvre de nouveaux horizons.

Un peu longue aussi la mise en jambe avant d’en arriver au centre du sujet. Mort Rose certes mais quelle vérité, que se passe-t-il vraiment, qui résiste ? Dissidence bien sûr, donc retour à une forme classique de scénario où ne pas être seul est un crime. Pensée unique, manipulations, dramaturgie féroce, La Mort Rose est de la SF qui tient la corde sur près de 250 pages et donne un sens, une excuse à tout ce que l’on fait en son nom. C’est l’intérêt majeur du récit qui porte avant tout sur un fascisme déguisé et une pensée unique digne de tous les extrêmes.

La Mort Rose, La Cafetière, 29 €

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