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Combo, une collection qui innove et se dirige vers des Rivages lointains

Une nouvelle collection novatrice, porteuse chez Dargaud d’un futur qui va donner à la BD des pistes fraiches et porteuses d’avenir. Combo est son nom ce qui est l’abréviation de combinaison, la somme des influences graphiques et narratives qui composent l’esprit de cette nouvelle génération de jeunes auteurs et autrices, et de jeunes lecteurs et lectrices. Avec à la clé des titres divers dont l’excellent Rivages Lointains d’Anaïs Flogny, scénario, dessin et couleurs. Combo un projet intelligent, précurseur qui ne peut qu’apporter l’oxygène nécessaire à une BD qui souvent ronronne dans un monde qui ne fait qu’accélérer.

Mais avant de parler de Rivages lointains, voici ce que dit Anaïs Aubert, éditrice, responsable du label Combo : « C’est en 2020, en plein confinement, que l’idée d’un nouveau label a émergé à partir d’une envie, celle de la fiction. Yohan Faumont, assistant éditorial, et moi sommes de la même génération, nourris aussi bien par de grands récits classiques que par les films de Miyazaki, les animés du Club Dorothée et les grandes sagas d’aventures et de fantasy, La Quête de l’oiseau du temps ou Les Mondes d’Aldébaran par exemple. Alors que la bande dessinée du réel était en plein essor, nous avions à cœur de renouer avec une attache populaire de la fiction en bande dessinée. Partant de cette envie de lecteurs, nous avons cherché une façon de proposer au public de nouveaux récits. »

Esprit communautaire et genres hybrides

L’éditrice rappelle qu’ils suivaient « sur Instagram ou Twitch de jeunes artistes dont la production était à la croisée du jeu vidéo, de l’animation, du manga, du comics, de la BD franco-belge et plus largement de la pop culture. C’était étonnant de voir comment beaucoup étaient connectés entre eux et partageaient, même en vivant parfois aux quatre coins de la planète, une sorte d’esprit communautaire mû par toutes ces influences digérées et cette hybridation des genres. Ils sont en cela représentatifs d’une génération de lecteurs, plutôt Young Adults, qui ont eux aussi assimilé tous ces codes graphiques et peuvent comprendre et apprécier tous ces langages. C’est à ces lecteurs sensibles et ouverts que nous voulons nous adresser. Mais quand on les contactait pour savoir s’ils avaient des projets de bande dessinée, certains étaient surpris que Dargaud s’intéresse à leur travail et n’auraient pas forcément pensé à nous proposer leurs histoires. Ça nous a fait réfléchir sur l’image de Dargaud, peut-être un peu trop institutionnelle ou intimidante, vis-à-vis de ces auteurs et, par extension, de ces lecteurs. »

Comme le pressentait Anaïs, « c’est toujours difficile de résumer un esprit, mais on pourrait déjà dire que Combo s’insère dans une veine de fiction populaire, de feuilleton. Polar, (b)romance, aventure fantastique, fantasy, conte, SF, ou encore Magical Girls contemporain, Combo proposera des récits de genres classiques en les actualisant d’un point de vue graphique mais aussi narratif notamment grâce à l’extrême proximité avec les personnages et les enjeux qui les traversent. »

Rivages lointains, à nous deux Chicago

Un des premiers titres Combo, Rivages lointains est une histoire à la fois d’amour, de pouvoir, de trahison et de manipulation sous l’aile de la Cosa Nostra à Chicago. 1938, Jules est un jeune italien livreur besogneux à belle gueule. Il attire sans le vouloir l’intérêt d’un polonais mafieux, Adam Czar qui règne en maître sur le quartier. Adam rackette les commerçants et vient relever les compteurs. A Chicago tout passe par la maffia et Jules veut l’intégrer. Il arrive à convaincre Adam qui n’est pas insensible à son charme. 1940, nouveau look, le duo est en marche. Jules a compris comment progresser dans l’organisation. Adam va être son mentor et son amant mais dans la discrétion la plus absolue sous peine de mort. Pas de drogue, pas d’armes mais Jules a ses idées, et un sens inné de la manipulation sans états d’âme. On a en fait un polar, un roman sociétal, de mœurs. Jules c’est le Rastignac de à nous deux Chicago sur 224 pages qui se laissent dévorer sans ennui. L’écriture de Anaïs Flogny est cadrée, argumentée, limpide et subtile. On en dira autant pour la clarté du dessin qui au total promet à l’autrice avec ce premier album un bel avenir en BD.

Rivages lointains, Combo Dargaud, 19 €

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