C’est un titre qui s’impose au moment même où se déroulent en Chine les Jeux Olympiques d’hiver. Qui se souvient que les femmes ont dû se battre pour participer aux J.O. méprisées et exclues entre autres par leur Fondateur Pierre de Coubertin ? Alice Milliat a été une pionnière française grâce à laquelle, peu à peu, le femmes ont pu intégrer les Jeux, participer, devenir des athlètes à part entière mais non sans mal. Elle méritait que l’on revienne sur son passée à la fois de sportive et de féministe à l’aube des années 20. C’est avec Didier Quella-Guyot au scénario, sur des documentaires de Laurent Lessous et le dessin de Chandre, les couleurs de Marie Millotte qu’on découvre ou retrouve une Alice Milliat dont la vie a été consacrée au sport et à la liberté des femmes, égales des hommes.
Avril 1918 à Meudon, une course a lieu. Ce sont des femmes qui s’élancent sur 2,4 kms. Des préjugés, des moqueries, les hommes sont en première ligne, même des femmes pour critiquer, refuser. Un journaliste interroge Alice Milliat qui félicite les très jeunes sportives. On ne s’intéresse pas au sport féminin. La Grande Guerre va apporter l’émancipation malgré De Coubertin qui affirme « qu’une Olympiade femelle serait impratique, inesthétique ». Alice Milliat a joué au foot, au hockey, pratique l’aviron, fait du vélo. Pas question pour elle que les femmes se limitent à des sports élégants. Avec elle la Fédération féminine sportives de France voit le jour. Alice Milliat raconte au journaliste l’histoire des femmes et du sport, le besoin de changer les mentalités. Une rencontre avec De Coubertin ne résout pas le problème. En 1921 un meeting de sports féminin a lieu à Monte-Carlo.
Ce sera un long chemin que devra parcourir Alice Milliat pour que les femmes peu à peu participent aux Jeux. Natation ou tennis, patinage d’abord, pas d’athlétisme. Il y aura Violette Morris, un cas qui aura un destin mouvementé plus tard. Mais en 1926 les seconds Jeux Olympiques féminins montrent que les femmes sont prêtes, que les mentalités peuvent changer. Un album passionnant qui remet les pendules à l’heure et les hommes à leur place. Alice Milliat ne doit pas être oubliée.
Alice Milliat, Pionnière olympique, Petit à Petit, 16,90 €
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