De Teresa Radice et Stefano Turconi on avait aimé La Terre, le ciel, les corbeaux une odyssée guerrière digne de Malaparte et bien sûr Le Port des marins perdus, une œuvre d’une rare richesse que ce soit littéraire et graphique. Le duo récidive avec Le Beau Parleur, deux frères qui vivent à travers les aventures de l’ainé, voyageur infatigable. Cette fois encore l’écriture s’impose, donne au dessin toutes les possibilités d’être lui aussi un narrateur incontournable, une association qui va porter une histoire dans laquelle il faudra s’attendre à ce que la réalité soit décalée de la très belle fiction.
Il faut évidemment garder le suspense qui mène cette intrigue. La progression est très maîtrisée sous l’égide du Magicien d’Oz dont des images sous un style de dessin différent s’intègre à la voix off de Pedro. Les décors, le coup de crayon est enchanté tout en étant réaliste, sentimentalement chargé d’émotion. Pedro découvre qu’il est un petit garçon manipulé qui pourtant saura aller au bout de son enfance pour flirter avec l’âge adulte. Le gentil rêveur va devenir à son tour un raconteur d’histoires. Un grand moment intelligent et tendre.
Le Beau Parleur, Glénat, 22,50 €
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