Coller à la réalité, au quotidien bien loin des séries TV, la vie d’un commissariat, à Baltimore. On est au tome 3 et l’impact est toujours aussi fort dans Homicide adapté par Philippe Squarzoni de l’œuvre de David Simon. La banalité d’enquêtes sur des crimes plus ou moins tordus à la fin des années quatre-vingt. On flirte avec le reportage immergé dans un univers où la violence n’en finit pas et n’ira qu’en empirant jusqu’à aujourd’hui où le meurtre de masse a fait place au petit règlement de compte entre truands.
Un passage au microscope de ce à quoi sont confrontés certes les policiers mais aussi les témoins, les suspects, ceux qui avouent ou qui se font avoir pendant un interrogatoire pendant lequel ils perdent les pédales, coupables ou pas. Des techniques imparables sauf avec les pros. Parfois limite les défenseurs de l’ordre. Tous les coups sont permis. Un documentaire implacable, avec les règles d’un milieu qui fait face au pire en permanence. Aplats, couleurs rares mais suggestives, la routine sans sourire, laborieuse mais implacables. On est avec les flics, immergés, dans les rues les plus déshéritées de Baltimore. Un travail remarquable.
Homicide, une année dans les rues de Baltimore, Tome 3, 10 février – 2 avril 1988, Delcourt, 18,95 €
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